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LUTTE CONTRE LE PALUDISME A KOLDA

UNE COMMUNAUTARISATION REUSS

By : Mouhamadou SOW (AMMREN SENEGAL)

L’option de communautariser la lutte contre le paludisme, dans cette région Sud du Sénégal a fait des fruits et soulagé les populations. la région de Kolda située à l’extrême sud du pays, entre les régions de Tambacounda et Ziguinchor, est l’une des régions les plus pauvres du Sénégal.

Les pratiques ancestrales et traditionnelles y sont toujours très ancrées en ce 21 ème siècles. C’est pourquoi rares étaient les malades qui se faisaient consulter dans les structures sanitaires installées par l’Etat dans la région.

Un malade du paludisme ou de toute autre pathologie préférait prendre l’avis et les conseils d’un charlatan ou d’un guérisseur traditionnel. Sa famille attend l’aggravement de la situation pour se rendre au poste de santé ou au district sanitaire. « Ce qui est dès fois trop tard » selon le responsable de l’éducation pour la santé du district sanitaire de Kolda, Sékou Baldé.

En cas de neuro paludisme par exemple, poursuit l’infirmier, les gens du village pensent à la possession de l’âme de l’individu par les Djinnés (démons). » Quatre vingt pour cent (80%) de ces cas finissent par décéder même si le patient est évacué à l’hôpital.

Voila autant de raisons qui font prendre en 2002 aux autorités médicales l’option d’une lutte communautaire contre le paludisme. Il s’agit de responsabiliser les OCB (organisation Communautaire de Base) dans la sensibilisation.

Le programme National de Lutte contre le Paludisme a dégagé des centaines de millions de francs CFA à cet effet. Il suffit aux organisations de postuler avec un programme d’activités.

La sensibilisation se fait d’abord sur l’assainissement et l’hygiène aux alentours et à l’intérieur des habitations. Les OCB informent les populations des mesures préventives pour éviter la piqûre de l’anophèle en dormant par exemple sous moustiquaire imprégnée. Les OCB sont en général des associations villageoises ou de quartiers.

Les membres sont mieux écoutés que quiconque parce que faisant partis de la communauté alors que l’infirmier ou le médecin est un fonctionnaire, certes sénégalais mais d’une autre localité.

Les populations locales font mieux confiance à ces associations dont les membres ne sont autres que « de fils » du village ou de quartier et la sensibilisation passe rapidement. Les autorités l’ont compris. Dans les postes et cases de santé des villages, elles font choisir aux populations locales un Assistant communautaire de santé en leur sein qui sera l’intermédiaire entre elles et l’infirmier chef de poste.

Six ans après cette politique communautaire, les techniciens de la santé constatent qu’il y a de moins en moins de cas de paludisme grave évacué à l’hôpital.

Les populations prennent petit à petit le goût de fréquenter les structures sanitaires .resultat le nombre de personnes soufrant de paludisme a fortement dimunie car les notions élémentaires d’hygiène et de lutte contre le paludisme sont respectées.

Aujourd’hui, même la distribution de moustiquaires imprégnés se fait par les OCB dont l’implication dans la lutte a fini de convaincre plus d’uns.