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Santé/Lutte contre le paludisme

L’éradication du mal passe par la recherche

Story by: Martial IDOUNDOU

Mais les chercheurs africains sont abandonnés par leurs Etats, alors que c’est sur le continent noir que le fléau fait le plus de dégâts. Une négligence contraire à la Déclaration d’Abuja, dans laquelle nos gouvernements s’engageaient, en avril 2000, à réduire de moitié le taux de mortalité de la maladie en dix ans.

TRISTE constat des journalistes africains pour la lutte contre le paludisme réunis les 9 et 10 du mois en cours à Dar es Salaam en Tanzanie : le peu d’empressement des gouvernements du continent noir à financer les recherches sur la maladie qui tue le plus d’enfants et de femmes enceintes en Afrique ! Les statistiques de l’OMS (Organisation mondiale de la santé), pour le moins alarmantes, révèlent que 90% des enfants de moins de 5 ans qui meurent du paludisme sont africains. Le fléau emporte un gosse toutes les 30 secondes.

Comme pour les autres maladies, dont le sida qui mobilise de moyens colossaux financiers, humains et matériels, l’éradication du paludisme passe par la recherche. C’est d’elle que viendront les remèdes les plus efficaces, dont les vaccins.

En l’absence de financements de leurs Etats, les chercheurs africains se débrouillent, plutôt bien, avec les moyens que leur fournissent les généreux donateurs occidentaux. La Fondation Bill Gates, du nom du géant mondial de l’informatique, est le principal bailleur de fonds, à travers le mécanisme Malaria Vaccine Initiative (MVI).
Seuls dix pays, sur la cinquantaine que compte l’Afrique, abritent au moins un centre de recherche : le Burkina Faso, le Gabon, la Gambie, le Ghana, le Kenya, le Malawi, le Mozambique, le Nigeria, le Sénégal et la Tanzanie. Les journalistes africains pour la lutte contre le paludisme se recrutent dans ces nations.

 Si l’on considère la question sous l’angle de la géographie, on s’apercevra que l’Afrique centrale est à la traîne. Le centre de recherche du Gabon se trouve à l’hôpital Schweitzer, à Lambaréné. Il est en grande partie soutenu sur le plan des ressources humaines et des infrastructures par l’Alliance des centres d’essais cliniques sur le paludisme (Malaria Clinical Trials Alliance, MCTA basé au Ghana).
VACCIN RTS,S* Une bonne nouvelle : malgré le peu de moyens dont ils disposent, les chercheurs africains pourraient livrer le vaccin d’ici à l’an 2011. Des essais sur 2022 enfants de moins de 5 ans révèlent une efficacité de RTS,S de l’ordre de 30% sur les cas simples et de 50% sur les cas sévères (crises aiguës).

A Lambaréné, les tests sont effectués depuis deux ans et demi sur 180 enfants de 17 mois à 4 ans. Ils montrent que “Mosquirix”, le nom local de RTS,S, protège les bambins sur 18 mois après son administration.
Les Africains peuvent se réjouir du fait que RTS,S est la tentative la plus avancée à l’heure actuelle. Une vingtaine de vaccins contre le palu sont en cours d’élaboration à travers le monde.
Mais là encore, l’efficacité de chacun dépendra du type de microbe (agent pathogène) visé. Nos chercheurs traquent le Plasmodium falciparum, le plus présent en Afrique. Selon les spécialistes, il existe quatre ou cinq types de Plasmodium.

Le laboratoire GlaxoSmithKline prendra en charge le volet manufacture du vaccin RTS,S. Les centres envisagent de commencer la troisième phase importante à la fin de cette année, pour la terminer en 2010, de façon à obtenir de l’OMS et des autres instances compétentes la licence en 2011 et commencer l’administration du produit la même année.
Les chercheurs présents à la rencontre des journalistes disent plaider pour la gratuité du vaccin. Ce ne sera pas évident si les Etats ne financent pas les travaux entre-temps.

C’est pourquoi les hommes et les femmes des médias les ont invités à soutenir toutes les initiatives conformes à la Déclaration d’Abuja, qu’ils ont signée en toute âme et conscience. Ils espèrent que nos pays se rattraperont au cours des trois prochaines années.
Outre le coût humain, (la mort des enfants, qui doivent prendre la relève des adultes d’aujourd’hui, et des femmes, qui doivent perpétuer notre espèce), le paludisme a également un coût économique. Non seulement celui qui en souffre dépense de l’argent pour se faire soigner, mais aussi il est en général improductif, parce que ne pouvant se rendre à son lieu de travail. Ce qui ne favorise pas un continent déjà peu compétitif.

 

 
   
Last updated June 2008. Ammren all rights reserved